« Le général de corps d’armée (2S) Michel DELION, président, les membres du Conseil d’administration de la Fédération nationale des associations et amicales parachutistes, au nom de l’ensemble des 42 amicales et associations membres de la F.N.A.Para, vous prient d’accepter leurs très vives condoléances et s’associent à la douleur de la famille du  Parachutiste Fernand GROSS, à celle de ses amis et de ses frères d’armes parachutistes, notamment de l’ amicale du 1°R.CP.

Puisse Saint-Michel, saint patron des parachutistes, l’accueillir comme il le mérite ! »

 

Général Michel DELION

Fédération Nationale des Associations Parachutistes

 

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C’est avec tristesse que l’amicale du 1er R.C.P vient d’apprendre le décès du parachutiste Fernand Gross, son doyen le mardi 13 janvier 2026 dans sa 104ème année. Né le 29 novembre 1922 à Strasbourg d’une fratrie de 6 enfants, il est élevé par sa marraine en Allemagne jusqu’à l’âge de 7 ans. Après une enfance marquée par la méningite, il obtiendra sans problème son baccalauréat commercial à Strasbourg. Lorsque la guerre est déclarée en 1939, sa famille déménage en Dordogne. En 1941, elle décide de rentrer en Alsace et comme tous les jeunes alsaciens, il est mobilisé par l’occupant. Refusant de s’engager, il est envoyé au service obligatoire du travail avec préparation militaire à Monbauer en Allemagne, sous le matricule K6252. Fermement opposé à cet endoctrinement, il se rebelle souvent et subit des mauvais traitements de la part de ses gardes. Victime d’une pleurésie, il bénéficie d’un report d’incorporation. En 1942, les jeunes alsaciens sont mobilisé de force, il reçoit son ordre de mise en route pour incorporer une unité de parachutistes allemand à Eger en Tchécoslovaquie. Sur le quai de la gare, il monte dans le train mais en redescend aussitôt pour prendre le premier train en direction du sud. Il vient d’écrire le premier épisode de sa légende en prenant tous les risques pour rejoindre la France libre en Afrique du nord, accompagné de son meilleur ami Ferdinand. Soucieux de la sécurité de sa famille, il écrit une lettre pour les informer de son intention de déserter. Après plusieurs semaines de périple, recherché par les nazis, il parvient grâce à plusieurs réseaux de résistants à franchir la frontière espagnole le 2 décembre 1943. Arrêté par les douaniers espagnol à Irun, il va rester 1 mois dans les geôles espagnoles avant d’être libéré afin de poursuivre son périple. Le 6 janvier 1944, il débarque en Afrique du nord et s’engage au dépôt parachutiste 209 de Blida en Algérie. Affecté au 1er R.C.P, il est breveté le 5 mai 1944 à Trapani en Sicile avec le numéro 1894. Il rejoint la 1ère compagnie et intègre le peloton de radioguidage. Formé à la méthode des pathfinders avec les américains, il va suivre les pérégrinations du régiment, connaitre le baptême du feu dans les Vosges, sera blessé par un éclat à l’œil et marchera sur une mine qui ne fonctionnera pas. Il sera démobilisé le 3 juillet 1945 et sera embauché par la société Singer ou il gravira les échelons jusqu’à devenir directeur de secteur. Il prendra sa retraite en 1988 à Gujan-Mestras en gironde.
Il était titulaire des décorations suivantes :
  • Chevalier de la légion d’honneur en 2025
  • Médaille des évadés
  • Croix du combattant volontaire avec barrette 39/45
  • Croix du combattant
  • Médaille de reconnaissance de la Nation avec barrette 39/45
  • Médaille commémorative de la campagne d’Italie
  • Médaille commémorative française de la guerre 39/45 avec barrette « Libération et engagé volontaire »
Le président, les membres du conseil d’administration et les adhérents de l’Amicale du 1er RCP, s’associent à la douleur de sa famille et la prie d’accepter leurs plus sincères condoléances.
Que saint Michel l’accueille près de lui.
Les obsèques auront lieu le vendredi 23 janvier 2026 à 10h15 à l’église Saint-Maurice de Gujan-Mestras (33).