Â
Général Michel DELION
Fédération Nationale des Associations Parachutistes
Chères amies, chers camarades,
C’est avec une profonde tristesse que nous avons appris le décès du général André Mengelle, survenu le lundi 25 mai 2026, dans sa 95e année.
Cavalier, parachutiste et légionnaire, le général Mengelle laisse le souvenir d’un officier d’exception dont la carrière force le respect et l’admiration.
Né à Auch le 20 mars 1932, André Mengelle partage dès son adolescence sa passion du sport, notamment le judo et le basket-ball, avec les hussards et les cadres du 1er régiment de hussards parachutistes (1er RHP) en garnison à Auch.
Résiliant son sursis et incorporé avec sa classe d’appel, il se porte volontaire pour effectuer son service militaire en Indochine. Après avoir suivi le cours des élèves officiers de réserve (EOR) à Hussein-Dey à la fin de l’année 1952, il demande à servir dans une unité parachutiste. Il est alors affecté au 1er RHP, récemment installé à Tarbes.
En septembre 1953, il rejoint le Tonkin où il sert au 1er régiment de chasseurs, puis au groupement blindé n°1, alias le 8e régiment de spahis algériens, avec lequel il participe aux opérations « Brochet », « Mouette » et « Gerfaut ».
Quinze jours après le début de la bataille de Dien Bien Phu, tous les cadres des chars du point d’appui central étant hors de combat, le sous-lieutenant Mengelle se porte volontaire et saute sur la cuvette dans la nuit du 2 au 3 avril 1954 avec le 2e bataillon du 1er régiment de chasseurs parachutistes. Chef de peloton, puis commandant de tous les chars disponibles, il participe aux trente-cinq derniers jours de combat. Blessé et fait chevalier de la Légion d’honneur avant la chute du camp retranché, il subit ensuite l’épreuve de la captivité et la longue marche vers le camp n°1.
À sa libération, devenu officier d’active, mais contraint d’attendre l’âge de 24 ans pour poursuivre ce nouveau cycle d’instruction, il rejoint le 13e régiment de dragons parachutistes et part en Algérie en 1955. Lieutenant, il prend le commandement du commando divisionnaire parachutiste de la 27e division d’infanterie alpine. En décembre 1956, à la tête de son commando, il est grièvement blessé. Il est alors promu officier de la Légion d’honneur.
Suit une longue période de convalescence avant de retrouver ses capacités physiques. En 1959, affecté au 1er RHP en Algérie, il est détaché comme aide de camp du général Gouraud, commandant le corps d’armée de Constantine. Après le putsch des généraux d’avril 1961, il rentre en France avec le régiment. Désigné pour suivre un stage à l’école de haute montagne de Chamonix, il est promu capitaine et commande le premier détachement du centre de montagne de Barèges.
Contraint de quitter les troupes aéroportées, il est affecté à la Légion étrangère où, après avoir commandé en second la compagnie cadres et parachutistes du 1er régiment étranger, il prend en 1964 le commandement du 1er escadron du 1er régiment étranger de cavalerie (1er REC).
En 1966, il commande le centre d’entraînement des tireurs missiles des forces françaises en Allemagne (FFA) et suit un stage parachutiste à l’école des troupes aéroportées de la Bundeswehr. Après un séjour au 9e régiment de hussards, il est promu chef d’escadrons et occupe les fonctions d’officier supérieur adjoint au 1er REC de 1972 à 1975.
En 1975, il rejoint pour la troisième fois le 1er RHP comme officier supérieur adjoint puis comme chef du BOI. Nommé lieutenant-colonel, il part au Liban au sein de l’état-major de la FINUL où il occupe les fonctions de chef du bureau renseignement (Chief military intelligent office). Fait commandeur de l’ordre national du Mérite, il est affecté en 1979 à l’école des opérations aériennes combinées de Baden-Baden comme officier conférencier spécialiste de l’appui aérien.
En 1981, il crée et prend le commandement du 1er régiment du matériel de corps d’armée à Thionville, à l’issue duquel il est promu commandeur de la Légion d’honneur.
Affecté ensuite au SIRPA, il occupe les fonctions d’officier de relations publiques auprès du général commandant la 2e région militaire et le 3e corps d’armée.
Sa dernière affectation, en 1986, le ramène à Tarbes comme délégué militaire départemental des Hautes-Pyrénées.
Pour la petite histoire, le dernier jour de sa carrière, alors qu’il venait d’être nommé général de brigade, il décide de sauter en parachute sur la zone de mise à terre de Ger avec ses jeunes camarades du 1er RHP et du 35e RAP, clôturant ainsi une carrière exemplaire menée de Tarbes à Tarbes, tout un symbole !
Le 14 mai 2005, le général André Mengelle est élevé à la dignité de grand officier de la Légion d’honneur.
Ses obsèques seront célébrées le mardi 2 juin à 9 heures à la cathédrale Notre‑Dame‑de‑la‑Sède à Tarbes, à proximité de la préfecture des Hautes‑Pyrénées.
Un dernier hommage peut lui être rendu à la chambre funéraire de Tarbes, 10 rue Georges Clémenceau à Tarbes.
Nous demandons aux amicalistes du 1er RHP de venir honorer la mémoire de ce grand soldat et, dans la mesure du possible, de porter le béret régimentaire qu’il arborait lui-même avec fierté lors des cérémonies. De même, le port des insignes de décoration est préconisé, des honneurs militaires devant être rendus à celui qui était dignitaire de la Légion d’honneur.
À sa famille, à ses proches, à ses frères d’armes et à tous ceux qui l’ont servi ou connu, nous adressons nos plus sincères condoléances et l’expression de notre profond respect.
Le colonel (er) Christian MiochePrésident de l’amicale du 1er RHP